Une méditation de St. Thomas d'Aquin
 

Au sens mystique, les noces signifient l'union du Christ et de l'Église - « C'est là un grand mystère, je l'entends du Christ et de l'Église » (Ep 5,32).

À la vérité, ces épousailles eurent leur commencement dans le sein de la Vierge, lorsque Dieu le Père unit la nature humaine à son Fils dans l'unité de la personne, en sorte que le lit nuptial de cette union - « Dans le soleil, il dressa sa tente » (Ps 18,5) - fut ce sein virginal.

De ces noces il est dit : « Le Royaume des cieux ressemble à un roi qui fit les noces de son fils ». (Mt 22,2), ce qui se réalisa à l'heure où Dieu le Père a uni à son Verbe la nature humaine dans le sein virginal. Ce mariage fut rendu public lorsque l'Église s'est unie au Verbe par la foi - « Je t'épouserai dans la foi » dit le Seigneur (Os 2,22).

De ces noces, l'Écriture dit : « Elles sont venues les noces de l'Agneau, et son épouse s'y est préparée » (Ap 19,7). Et ces épousailles seront consommées lorsque l'épouse, c'est-à-dire l'Église, sera introduite dans le lit nuptial de l'Époux, dans la gloire céleste : « Heureux ceux qui ont été appelés au repas des noces de l'Agneau » (Ap 19,9).

Le fait que ces noces eurent lieu le troisième jour n'est pas sans signification. Le premier jour est en effet le temps de la loi naturelle, le second celui de la Loi écrite ; quant au troisième, c'est le temps de la grâce où le Seigneur, né dans la chair, célébra ses noces - « Après deux jours, il nous rendra la vie ; le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence » (Os 6,2).

Au sens mystique, il faut comprendre qu'aux noces spirituelles, la Mère de Jésus, la Vierge bienheureuse, est présente en qualité de conseillère des noces, car c'est par son intercession que nous sommes unis au Christ par la grâce - « En moi est toute espérance de vie et de force » (Sir 24,25).

Le Christ, Lui, y est présent en tant que véritable Époux de l'âme, comme le dit Jean Baptiste : « Celui qui a l'épouse est l'époux » (Jn 3,29). Quant aux disciples, ils sont là en qualité de compagnons des noces, pour unir l'Église au Christ, comme le dit l'un d'entre eux : « Je vous ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ » (2 Co 11,2).

(Textes extraits des commentaires sur l’Évangile de Saint Jean de Saint Thomas d’Aquin)