Quelques auteurs mystiques

Hippolyte de Rome, dans son Traité sur les Bénédictions d’Isaac et de Jacob, commente la bénédiction de Nephtali de Genèse 49,21 en ces termes :

« La vigne spirituelle était le Sauveur ; les sarments et les pampres sont les saints, ceux qui croient en lui; les grappes, ses martyrs; les arbres qu'on marie à la vigne montrent la Passion. Les vendangeurs sont les anges ; les corbeilles dans lesquels sont récoltés les fruits de la vigne sont les apôtres. Le pressoir est l'Église et le vin, la force de l'Esprit. »

Saint Augustin
Il disait aux disciples : Demeurez en moi comme moi en vous. Ils n'étaient pas en lui de la même manière dont lui était en eux. Cette union réciproque ne lui procure aucun profit : c'est eux qu'elle avantage. Les sarments sont dans la vigne non pas pour enrichir celle-ci, mais pour recevoir d'elle le principe de leur vie. La vigne est dans les sarments pour leur communiquer sa sève vivifiante, non pour la recevoir d'eux. Ainsi cette permanence du Christ dans les disciples, leur est doublement avantageuse, mais nullement au Christ. Car si vous retranchez un sarment, un autre peut surgir de la racine qui reste vivante, tandis que le sarment coupé ne peut vivre séparé de la racine.

Sainte Catherine de Sienne, Traité de la Discrétion ch. XXIV (3-6),

« Dis-toi donc bien que chaque créature raisonnable a sa vigne immédiatement attenante à celle du prochain. L'une et l'autre sont tellement conjointes, que nul ne peut se faire du bien ou se nuire à soi-même qu'en même temps il ne fasse du bien ou ne nuise au prochain. Tous ensemble vous ne formez qu'une seule vigne universelle, qui est la société des chrétiens unie à la vigne du Corps mystique de l'Église dont vous tirez la vie.

Dans cette vigne est planté un Cep, mon Fils unique, sur lequel vous devez être greffés. Si vous n'êtes entés sur lui, vous êtes par là même en rébellion contre la sainte Église, vous êtes comme des membres retranchés du Corps et qui par le fait entrent en décomposition. Il est vrai que, pendant que vous en avez le temps, vous pouvez vous débarrasser d'abord de cette pourriture du péché par un vrai repentir et recourir à mes ministres qui sont mes ouvriers et qui ont en dépôt les clefs du vin, c'est-à-dire du Sang, sorti de cette vigne. Ce Sang est si efficace et si parfait qu'aucun défaut dans le ministre, ne peut altérer le fruit de ce Sang.

C'est la charité qui relie les rameaux au cep par une véritable humilité, acquise dans une connaissance vraie de soi-même et de Moi. Ainsi tu vois que je vous ai tous envoyés comme ouvriers dans ma vigne. Et je vous y invite de nouveau, car le monde devient de plus en plus mauvais : les épines s'y sont multipliées au point qu'elles ont étouffé la semence et qu'il ne veut plus produire aucun fruit de grâce.

Je veux donc que vous soyez de vrais ouvriers qui s'emploient avec beaucoup de zèle à cultiver les âmes dans le Corps mystique de la sainte Église. Si je vous dis cela, c'est que je veux faire miséricorde au monde pour lequel tu me pries tant ! »