Le Pressoir Mystique dans les textes d’auteurs spirituels

Venance Fortunat : Comme une échelle végétale reliant monde terrestre et monde céleste, avec les fruits de l'abondance divine pour subvenir à l'ascension, image du "Pressoir de la Croix" et de l'Arbre de vie :

" Entre tes bras s'enlace la vigne, d'où coule pour nous en abondance le doux vin qui a la rougeur du sang" (Poèmes II, 1)

 

St Augustin : Discours sur le psaume 8
Le Verbe divin aurait pour emblème le raisin, car on voit dans cette grappe suspendue au bois, que les émissaires d’Israël rapportaient de la terre promise, une figure de Jésus crucifié.

 

St Alphonse de Ligori : Considérations sur la Passion III

Le même Prophète fait cette question : "Quel est cet homme si beau et si fort, qui vient d'Édom, les vêtements couleur de sang ?" (Is 63, 3). Édom marque la couleur rouge, mais un peu foncée, comme on le voit dans la Génèse (Gn 25, 30). Cette demande est suivie d'une réponse, et, d'après les interprètes, c'est Notre-Seigneur qui parle : "C'est moi qui professe la justice, et qui me montre grand pour sauver" (Is 63, 1).

Le Prophète interroge de nouveau : "Pourquoi donc vos vêtements sont-ils rouges, comme les habits de ceux qui foulent le vin dans le pressoir au temps de la vendange ?" (Is 63, 2). Et le Seigneur répond : "J'ai été seul à fouler le vin ; aucun homme ne s'est trouvé avec moi" (Is 63, 3). Par ce pressoir, Tertullien, saint Cyprien et saint Augustin entendent la Passion de Jésus-Christ, dans laquelle son vêtement, c'est-à-dire sa chair sacrée fut tout couvert de sang et de plaies, selon ce que dit saint Jean dans l'Apocalypse : "Le manteau qui l'enveloppe est trempé de sang ; et son nom ? Le Verbe de Dieu" (Ap 19, 13). Saint Grégoire dit que, dans ce pressoir dont parle Isaïe, notre Sauveur a été foulé et a foulé. Il a foulé parce que, dans sa passion, il a vaincu les démons ; et il a été foulé, parce que son corps adorable a été brisé dans les tourments comme le raisin dans le pressoir, suivant cet autre texte du même Prophète, déjà cité : "Yahvé s'est plu à l'écraser par la souffrance" (Is 53, 10).

 

St Bonaventure

"Le Christ, comprimé sur la croix comme une grappe sous le pressoir, a exprimé une liqueur qui est un remède à toutes les maladies."

 

Gaudence de Brescia (mort en 410)

"La raison pour laquelle le Seigneur a voulu que les sacrements de son corps et de son sang devaient être offerts sous les espèces du pain et du vin est double. Tout d'abord, pour que l'agneau immaculé de Dieu transmette au peuple pur une pure victime, susceptible d'être immolée sans feu ni sang ni odeur nauséabonde, et offerte par tous de façon rapide et facile.
Ensuite puisqu'il faut que le pain soit fait avec de nombreux grains de froment réduits en farine et mêlés à de l'eau, puis cuit par le feu, c'est avec raison qu'en lui est reconnue la figure du corps du Christ, qui forme, nous le savons, un seul corps, fait de la multitude du genre humain tout entier, et qui a été consumé par le feu de l'Esprit Saint [cf. Lc 4, 11].
De la même façon, le vin de son sang lui aussi a jailli des nombreuses grappes cueillies à la vigne qu'il a lui-même plantée, il est passé au pressoir de la croix et il bouillonne par sa propre vertu dans le cœur fidèle de ceux qui y goûtent en larges coupes."