Jugement

approfondissement

Voici l’heure de la vendange ! Cette heure est, dans l’Évangile, l’Heure de Jésus, celle de la Passion (il en parle dès Cana disant que son Heure n’est pas encore venue).

Sachant que sa mort approchait, il dit : « l’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié » Jn 12,23.

Dans ce même passage de Jean, la Passion de Jésus est présentée comme un jugement : « C’est maintenant le jugement de ce monde » Jn 12,31

L’Heure de Jésus est celle du jugement du monde.

La vendange : Ni dans l’Ancien Testament ni dans le Nouveau Testament, l’action précise de couper les grappes de raisin d’une vigne pour les mettre au pressoir ne peut être tenue pour un symbole courant du jugement de condamnation des ennemis de Dieu. Au contraire, couper les raisins de la vigne, c’est dans la Bible une véritable fête, et donc un symbole de joie et de félicité. (Jg 9,27 : Ils sortirent dans la campagne pour vendanger leurs vignes, ils foulèrent le raisin et organisèrent des réjouissances.)

Lorsque Dieu châtie dans le vocabulaire biblique, la vigne n’est « ni taillée, ni cultivée », elle est « dévastée ou brûlée ».

Le temps de la vendange n’est que joie !

Le jugement est alors décrit dans ce texte comme un moment de joie.

Un ange moissonne et récolte « la persévérance des saints, ceux-là qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. »

Un autre ange vendange et récolte plus spécifiquement celles et ceux qui ont témoigné jusqu’au don de leur vie. Nous devons nous rappeler qu’à l’époque de l’écriture de l’Apocalypse, l’Église est persécutée par Rome et connaît beaucoup de martyrs.

Ces derniers rejoignent le pressoir. Leur sang versé rejoint celui du Christ. Ce don de vie devient le « lieu » du jugement du monde.

Comme la Passion du Christ a été le jugement de condamnation du Prince de ce monde, le martyre des fidèles disciples du Christ consacre la ruine des persécuteurs de l’Eglise.

La non-violence, la persévérance dans la foi face à un monde violent et injuste sont les prémices de la foi dans le Christ.

Lui, le juste persécuté est devenu le Fils d’homme siégeant sur les nuées.

Pour approfondir avec François Varone : Ce Dieu Juge qui nous attend

A travers la description apocalyptique d’une moisson et des vendanges, Jean manifeste que tout ce que nous aurons fait en fidélité au Christ sera un jour « récolté », entrainé dans les nuées, pour notre plus grande joie.

Pour approfondir avec Romano Guardini : Jugement et Rédemption

 

Les éléments de commentaires ci-dessus sont d’André Feuillet dans « La Nouvelle Revue Théologique » 94 n°2 (1972)