Les Noces de l’Agneau

Jacques Eychenne

 

L’apôtre Jean est saisi dans ce chapitre 19, par la joie de voir et d’entendre : Il est question d’un jugement qui s’achève (Cf. v.1,3,4) et de la proclamation du règne de Dieu. (Cf. v.6)

Au milieu de toutes ces réjouissances, on annonce les noces de l’Agneau avec sa femme (γυνη) souvent traduit : épouse. Elle s’est préparée et parée de beaux habits. Pourquoi l’agneau ? Parce que cet animal était au cœur de tout sacrifice de substitution de peine dans l’Ancien Testament. Il préfigurait le sacrifice de Jésus-Christ, l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde. (Cf. Jean 1, 29 ; 1 Pierre 1, 19) Ainsi s’explique le sens mystique de ce mariage entre Dieu et son peuple, entre Christ et l’Eglise (Ephésiens 5, 22-33), entre Dieu et Jérusalem (Un peu plus loin dans l’apocalypse, au chapitre 21, 2 - 9, l’épouse = Jérusalem). Cette illustration de cette noce est là pour nous faire comprendre que tous ceux et celles, qui ont acceptés l’appel de Dieu avec sincérité, seront invités aux festivités de ce mariage. Ils en feront partie. (Cf. Parabole du festin des noces du roi, Matthieu 22, 1 - 14 ; Parabole des 10 vierges, Matthieu 25, 1 - 13)

En fait, dans l’original grec, il est question de personnes ayant reçu un appel (le verbe καλεω est au parfait, il s’agit bien de ceux qui ont été appelés). Il est important de dire à cet endroit que tous sont appelés, sans exception, mais que seuls ceux qui répondent à l’appel de Dieu seront invités. Dieu a pour projet de toujours respecter notre libre arbitre au travers de nos choix.

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Note sur l’Agneau Immolé

 

Le lion qui a remporté la victoire est un étrange agneau immolé à sept cornes et sept yeux. Le langage apocalyptique joue avec les images, comme avec les chiffres et les nombres, qu’il est assez facile d’interpréter.
Le berger pasteur est devenu l’agneau sacrifié de la Pâque. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés. Car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs (Is 55, 11). Ce passage du prophète Isaïe est ici pleinement réalisé, au mot près. Le juste qui rendra justes des multitudes est l’agneau de la douceur et de la fragilité de Dieu.

L’agneau émissaire porte-parole, le Verbe de Dieu, est devenu un bouc émissaire couvert du péché, confondu avec les pécheurs, identifié au péché, abîmé dans le péché, devenu le péché même, selon l’expression de Saint Paul (2 Co 5, 21). Par le don de lui-même à la Croix, le Christ agneau immolé convoque au salut toute l’humanité. La création entière est concernée. Des centaines de millions de toute race, langue et nation, sans aucune discrimination, deviennent un unique peuple de prêtres. Il ne s’agit pas de ministres ordonnés, mais bien de tous les hommes et de toutes les femmes qui, dans leur manque, et ce qui est nommé leur péché, s’ouvrent à un autre, à la parole, ceux qui reçoivent et accueillent le salut offert.