Le chant d’allégresse d’Anne et de Marie

Mettre en rapport le « Magnificat » de Marie avec le cantique d’Anne révèle leur lien et l'origine de l'écriture de la prière de chrétienne chantée tous les soir pendant les vêpres.

Le jeu des couleurs permet ce constat.

LE CANTIQUE D’ANNE - 1Samuel 2,1-10
 

Anne pria et dit :

Mon cœur exulte dans le Seigneur,
ma corne (force) s'élève dans le Seigneur,
ma bouche est large ouverte contre mes ennemis,
car je me suis réjouie de ton sauvetage.

Pas de Saint comme le Seigneur
– car il n'y a personne excepté toi –
pas de rocher comme notre Dieu.

Ne multipliez pas les paroles hautaines,
que l'arrogance
ne sorte pas de votre bouche.
Car le Seigneur est un Dieu plein de savoir
et par lui les actions sont pesées.

L'arc des puissants est brisé,
mais les défaillants sont ceints de force.

Les rassasiés s'embauchent pour du pain,
mais les affamés cessent de travailler.
La femme stérile enfante sept fois,
mais celle qui a de nombreux fils se flétrit.

C'est le Seigneur qui fait mourir et vivre,
qui fait descendre au shéol et en remonter.

C'est le Seigneur qui appauvrit et qui enrichit,
qui abaisse et aussi qui élève.

Il retire de la poussière le faible,
du fumier il relève le pauvre,
pour les faire asseoir avec les nobles
et leur assigner un siège d'honneur ;
car au Seigneur sont les piliers de la terre,
sur eux il a posé le monde.

Il garde les pas de ses fidèles,
mais les méchants disparaissent dans les ténèbres
(car ce n'est pas par la force que l'homme triomphe).

Le Seigneur, ses ennemis sont brisés,
le Très-Haut tonne dans les cieux.
Le Seigneur juge les confins de la terre,
il donne la force à son Roi,
il élève la corne de son Oint (Messie). »

 

LE MAGNIFICAT - Luc 1,46-55

Et Marie dit :

Mon être magnifie le Seigneur
et s’est réjoui mon esprit
au sujet de Dieu mon sauveur,

parce qu’il a jeté les yeux
sur la souffrance de sa servante.
Car voici qu’à partir
de maintenant m’estimeront bienheureuse
toutes les générations,

car il a fait pour moi de grandes choses, le Puissant.
Et saint est son nom,

et sa pitié au long de générations et de générations
pour les craignants-Lui.

Il a créé la puissance dans son bras,
il a dispersé ceux qui brillent plus

par leur intelligence que par leur cœur ;

il a jeté des puissants à bas de leur trône
et  a élevé des malheureux,

des affamés, il a rempli de bienfaits,
et des riches, il a jeté dehors, vides ;

il s’est inquiété d’Israël, son serviteur,
de se souvenir de la pitié,

ainsi qu’il l’avait dit à nos pères,
pour Abraham et pour sa descendance dans les temps. »