Réflexions sur Anne

 

Jacqueline Muston, Réflexions sur quelques femmes de la Bible

 

Introduction.

Nous avons souvent l’occasion d’entendre parler des grands hommes de la Bible, de faire des études sur leur ministère. Mais il est rare, me semble-t-il, que nous réfléchissions à la vie des femmes citées dans la Parole de Dieu. Et pourtant la femme a sa place dans le plan du salut prévu par Dieu. Plusieurs sont mentionnées dans la généalogie de Jésus: Thamar, Rahab, Ruth (Matt. 1, 3-6). Et dans l’Eglise, la femme est un membre du corps de Christ à part entière. Son ministère, il est vrai, est différent de celui de l’homme : il est complémentaire et non pas inférieur.

Essayons de découvrir cela ensemble en étudiant la vie de quelques femmes de la Bible. Nous pourrons ainsi tirer quelques conclusions pour notre vie de chaque jour et pour le témoignage que nous avons à apporter autour de nous en vivant selon ce que Dieu a voulu pour nous.

1) La souffrance d’Anne (1, 1-9).

Anne n’a pas d’enfant (1, 2). C’est une rude épreuve pour cette femme. Car en Israël, une telle situation était considérée comme une malédiction, comme un véritable opprobre. La souffrance d’Anne est encore augmentée par l’attitude de Pénina à son égard (1, 6). Cette dernière n’a qu’un but : pousser Anne à se révolter contre Dieu. Ainsi Anne est persécutée chaque fois qu’elle se rend au temple (1, 7). Sa douleur est grande, mais elle tient ferme ; elle a foi en son Dieu. Cette épreuve, elle la supporte sans essayer de trouver un responsable. Elle ne songe pas même à accuser Dieu de ses malheurs, à se révolter contre Lui. Une telle attitude la ferait courir à sa perte. Car où pourrait-elle trouver, ailleurs qu’en Dieu, l’aide, le secours dont elle a besoin ? Elle a compris quelque chose d’important. La solution de son problème, elle ne peut la trouver que dans la présence de Dieu. C’est pourquoi, elle Lui ouvre son cœur, elle partage avec Lui sa souffrance (1, 10).

Tout au long de notre vie, nous aurons à traverser de multiples épreuves. Le Seigneur ne nous a pas promis une vie facile. Peut-être, au milieu de nos souffrances, rencontrerons-nous parfois, l’incompréhension de ceux qui nous entourent, même de nos proches. C’est une situation difficile à supporter, mais rappelons-nous l’attitude d’Anne. Comme elle, approchons-nous du Seigneur qui peut nous aider en toutes circonstances. Et déchargeons-nous sur Lui de tous nos soucis, car Lui-même prend soin de nous (I Pierre 5, 7).

2) La prière et la consécration d’Anne (1, 10-18).

La prière d’Anne est simple, pleine d’humilité. Anne se présente telle qu’elle est devant Dieu. Elle est persévérante et ne craint pas de passer du temps dans la présence de Dieu (1, 12). Savons-nous encore, au milieu de nos activités, rester longtemps en prière devant Dieu ? Il y a de riches bénédictions pour ceux qui prennent le temps d’être avec le Seigneur.

Anne ne prie pas d’une façon égoïste (1, 11). Elle est prête à redonner à Dieu ce qu’Il lui accordera, ce qui lui est le plus cher : son enfant. Anne nous donne là un exemple de la façon dont nous pouvons témoigner de notre amour envers le Seigneur. Plus nous L’aimons, plus nous Lui offrirons ce qui nous est le plus précieux.

Une fois de plus, Anne est incomprise. Le sacrificateur Eli la prend pour ivre et lui reproche son inconduite (1, 14). Anne vit déjà ce que Jésus dira plus tard à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive » (Luc 9, 23). Mais Dieu n’abandonne pas cette femme, Il voit sa sincérité et sa douleur. Dans son amour, Il intervient et honore sa foi. Par la bouche même d’Eli, il l’encourage (1, 17). Cette femme repart, elle mange et son visage n’est plus le même (1, 13). C’est la puissance de la prière qui a produit ce changement chez Anne. Qu’en est-il pour nous ? Notre vie de prière a-t-elle de semblables conséquences dans notre existence ? Dieu veut nous transformer à l’image de son Fils Jésus, mais Il nous demande une communion intime avec Lui.

3) La fidélité et la reconnaissance d’Anne (1, 20 – 2, 11) .

Quelques mois plus tard, Anne voit se réaliser l’exaucement de sa prière (1, 20). Elle donne à son enfant le nom de Samuel, ce qui signifie « entendu ou exaucé de Dieu » (1 : 20). Sans sa joie, elle aurait pu oublier ou renoncer à accomplir le vœu qu’elle a fait à Dieu : Mais non, elle tient parole, elle va jusqu’au bout de ce qu’elle a promis (1, 28). Peut-être y a-t-il dans notre vie des promesses que nous n’avons pas tenues vis-à-vis de Dieu. Hâtons-nous de les accomplir, car c’est un frein pour notre avancement spirituel.

Tout au long de son épreuve, Anne a expérimenté la fidélité de Dieu à son égard. Elle a connu sa bonté, son amour. Maintenant, elle est dans la joie, car Dieu a comblé son désir. Son bonheur ; elle l’exprime dans une prière de louange en l’honneur de l’Eternel (2, 1-10). Tout est grâce : nous ne méritons rien. Et pourtant Dieu nous comble de ses richesses. La reconnaissance, la louange doivent donc jour après jour fleurir dans notre vie au fur et à mesure de notre marche avec le Seigneur.

4) Conséquence de l’attitude d’Anne.

Nous arrivons là au point essentiel du ministère d’Anne. Dieu a pu employer cette femme à cause de sa disponibilité et de sa consécration. Ce qu’elle a fait aura des répercussions extraordinaires et sera une source de bénédiction pour tout un peuple. Anne a d’abord demandé un enfant à Dieu, puis elle l’a consacré à l’Eternel pour qu’il soit à son service tout au long de sa vie. Samuel a connu un ministère béni. Tout cela, il le doit à sa mère, elle est à la base de sa vocation. Sans la vie de prière d’Anne, sans sa consécration, Samuel ne serait pas devenu l’homme qu’il a été en Israël. Le ministère d’Anne était caché, elle a agi dans les coulisses de l’histoire d’Israël. Mais son action a été aussi importante que l’œuvre accomplie par Samuel.

La femme, dans l’œuvre de Dieu, agit généralement dans l’ombre. Son action est souvent cachée, elle n’a rien d’extraordinaire aux yeux des hommes. Mais Dieu peut faire infiniment au-delà de ce que nous demandons et pensons (Eph 3, 20). Ce qu’Il a fait avec Anne, Il veut aussi le faire avec nous. Il a un plan pour notre vie. A nous de trouver les œuvres qu’Il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions (Eph 2, 10). En toutes circonstances, recherchons une communion toujours plus intime avec le Seigneur. Soyons sans cesse disponibles pour Lui. Et Dieu suscitera par l’intermédiaire de notre ministère de nouveaux Samuel pour son Église.

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