Fils de David et Lion de Juda
 

Fils de David

 

Dans la Bible, au thème de l'Alliance et à l'idéologie du Temple s'ajoutent la figure et la fonction du roi, disons la royauté. L'archétype et le modèle du roi d'Israël, c'est David, présenté sous les traits d'un guerrier méridional issu de Juda.
Une question se posa vite aux historiographes nationaux auxquels on doit les récits bibliques : celle de la durée, bien plus de la pérennité de la royauté d'Israël. La réponse est celle-ci : puisqu'à peuple élu de Dieu alliance éternelle il y a, à royaume voulu par Dieu dynastie éternelle il y aura. La royauté serait à la durée d'Israël ce que l'Alliance était à son identité. Ainsi se trouvait fondée la légitimité royale d'Israël, celle de David et de sa dynastie sans fin.
L'acte de fondation demeure inscrit dans un oracle fameux attribué au prophète Nathan qu'on lit en 2 Samuel 7, 12 : « Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal.
Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. S’il fait le mal, je le corrigerai avec le bâton, à la manière humaine, je le frapperai comme font les hommes. Mais ma fidélité ne lui sera pas retirée, comme je l’ai retirée à Saül que j’ai écarté de devant toi.
Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

D'autres oracles magnifieront la succession royale d'Israël dans l'attente du dernier des « fils de David ». Deux connaîtront une belle fortune :


+ L'« oracle de Juda » dans les bénédictions de Jacob : « Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui (le Schilo-Messie) à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront. » (Genèse 49, 10-12)
 

+ La prophétie de l'« astre de Jacob » sortie de la bouche de Balaam : « Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël… Israël déploiera sa puissance, et de Jacob surgira un dominateur qui fera périr tout survivant de la ville. » (Nombres 24, 17).

 

Le genre poétique et cultuel de l'hymne contribua à louer les qualités uniques de la royauté de David et de ses descendants. Œuvre de propagande à la vérité ! sous couvert de louange. Les Psaumes 2, 45, 110 et 132 sont à citer. Il s'agit de poésie guerrière que l'on dirait aujourd'hui de médiatisation : elle proclamait un pouvoir royal idéalisé. Le roi d'Israël apparaît sous les traits brillants d'un chef de guerre invincible. Il ne peut être que victorieux, totalement victorieux. Ainsi s'élaborait, se clamait et s'écrivait l'utopie royale d'Israël.

 

Lion de Juda

 

La royauté du Christ est décrite dans le livre de l’Apocalypse une descendance de la royauté de Juda.

Apocalypse 5, 5 - Et l'un des anciens me dit : Ne pleure pas ; voici que le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux.

 

Par Joseph, Jésus est de la parenté de Juda et de David. Mais sa royauté est différente. Il n’a pas vaincu d’ennemis terrestres. Il a vaincu la mort. Sa résurrection est sa Victoire sur la mort.
Il est alors capable d’ouvrir le grand livre de la Vie qui recueille l’histoire de tous les vivants.