L'Abondance

approfondissement

La notion de Terre promise occupe une place centrale dans la pensée juive.
 
Les Patriarches


Dans la Bible, tout commence par un appel sous forme de promesse : « Le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. » (Gn 12, 1)
De même, Dieu destine la « terre de Canaan » aux fils de Jacob, dans la lignée d’Abraham.
C’est pourtant à cause de la famine que le peuple quittera cette terre à plusieurs reprises et, confiants en la fidélité de Dieu, y retournera.
 
L’Exode


Vers 1300 avant notre ère, après 400 ans de servitude, les Enfants d'Israël furent libérés par Moïse qui, selon le récit biblique, avait été choisi par Dieu pour conduire son peuple hors d'Egypte et retourner vers la Terre promise toujours décrite comme abondante.
 « J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte… et je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers une terre fertile et vaste, une terre où ruissellent lait et miel… » (Ex 3, 8.17)
Après 40 années d'errance dans le désert du Sinaï, les Hébreux rejoignent Canaan. Atteignant la vallée d’Eshkol, « ils coupent un sarment et une grappe de raisin géante qu’ils emportent à deux avec une perche » (Nb 13, 23). Cette grappe géante est le symbole du premier contact avec la Terre promise, elle symbolise la richesse de cette terre, matérialise l’abondance ; elle est signe de la bénédiction divine.
 
L’Exil
Lors du premier exil (586 – 538), à Babylone, les déportés firent le serment de ne jamais oublier leur patrie. Le Psaume 136 décrit leur attachement à leur Terre : « Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ; aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.
C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. »
Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie ! Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.
Pour approfondir la notion de Terre promise avec Katell Berthelot : Les paradoxes de la Terre promise
 
Jésus, fils de cette Terre, effectuera un déplacement d’habitation sur la terre géographique à la citoyenneté du Royaume. L’envoi des disciples « à toutes les nations » pour la proclamation de la foi ouvre la Terre promise à l’universel.
Pour approfondir le lien du Christ à sa Terre avec Alain Marchadour  : La terre d’Israël et le Royaume
 
Le récit d’Isaïe parle d’un banquet sur cette terre où le vin coule en abondance.
Pour approfondir avec Marie-Noëlle Thabut : La promesse d’Isaïe